Port-au-Prince, le 18/08/2025

Cap-Haïtien : entre insalubrité, négligence municipale et cri de cœur citoyen de Me Yves ISAAC

Le centre-ville et plusieurs banlieues du Cap-Haïtien sombrent chaque jour davantage dans un état de dégradation alarmant. L’insalubrité rampante qui y règne n’est plus un fait isolé ou une exagération partisane. Elle est désormais une réalité criante, visible, ressentie et dénoncée par des citoyens engagés, des visiteurs choqués, et des voix publiques en quête de changement.


Parmi ces voix, celle de Me Yves ISAAC, avocat capois vivant actuellement à Port-au-Prince, se distingue par la clarté de son propos et la fermeté de ses convictions. Loin d’un discours d’hostilité personnelle, ses déclarations, jugées tranchantes, s’enracinent dans une inquiétude profonde pour la ville qui l’a vu naître et grandir. Une ville qu’il qualifie de matrice de son identité régionale et culturelle. « Ce n’est pas une affaire de querelle personnelle », souligne-t-il. « C’est une affaire de dignité, d’amour pour une cité qui a tant donné à l’histoire de ce pays et qui, aujourd’hui, suffoque sous les ordures et l’indifférence. »


Le blâme est clairement orienté vers l’administration municipale en place, notamment la mairesse principale, Madame Yvrose Pierre, accusée d’avoir échoué dans sa mission. La colère de Me ISAAC s’est intensifiée après ce qu’il qualifie de "fantaisie inutile" : l’édification d’une statue du musicien Richard Jean Hérard sur la place Carénage. Un projet qualifié de déconnecté des priorités urgentes de la commune.

« J’avais demandé la mise à pied de cette équipe municipale qui préfère s’occuper de statues plutôt que de la saleté qui ronge nos rues, mais on m’a cloué au pilori », regrette-il.


Le constat est partagé. Des secteurs impraticables, des amas de détritus pestilentiels, une odeur insupportable dans certains quartiers. La deuxième ville du pays semble figée dans une spirale d’abandon. Une situation qui choque aussi bien les habitants que les étrangers, comme en témoigne récemment l’artiste guadeloupéen, Anthony Drew, qui a osé pointer du doigt cette réalité lors de son passage dans la cité christophienne. Plutôt que d’engendrer un sursaut de conscience, sa critique a suscité une vague d’hostilité de la part de certaines voix honteuses de la cité. « Respirer de la haine au lieu de l’air pur, voilà où nous en sommes. Anthony Drew nous a rendu service, mais on a préféré l’attaquer au lieu de se regarder en face », déplore Me ISAAC.


Au-delà de la saleté visible, c’est toute la mémoire de cette ville historique, autrefois surnommée "le Petit Paris des Antilles", qui semble aujourd’hui trahie. Car, le Cap-Haïtien, berceau de grandes pages de l’histoire haïtienne, mérite mieux qu’une administration d’insouciance et de laisser-aller.


« La ville du Cap et son passé glorieux ne méritent pas ça », conclut Me Yves ISAAC, dans ce qui sonne non seulement comme une supplique, une mise en garde, mais aussi un appel à l'éveil de la conscience humaine et citoyenne contre l'impropreté.



La Rédaction

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