Haïti – Audit de promotions à la PNH : Me ISAAC dresse un état de la situation et anticipe l'avènement de correctifs de dérives avérées



Port-au-Prince, le 05 séptembre 2025– La récente décision du nouveau Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, de mettre en place une commission chargée d’auditer et d’évaluer la régularité de certaines promotions octroyées sous l’ancienne direction, soulève à la fois des attentes et des réserves.

Si l’initiative est saluée comme un pas vers la transparence et la rigueur institutionnelle, des observateurs regrettent toutefois le manque d’informations sur la composition de ladite commission. Dans la note annonçant la création de la structure, seules les fonctions internes – président, vice-président, rapporteur, etc. – ont été mentionnées, sans indiquer les noms des personnalités choisies.

« Dans un travail aussi noble, il ne saurait être question de jeter des pierres et se cacher les mains », déplore, dans une publication en ligne, Me Yves ISAAC, Avocat et Masterant en Droit Pénal et Sciences Criminelles.

L'homme de loi rappelle que, sous la précédente administration, de nombreuses promotions ont été distribuées sans respect de l’article 60 de la loi du 29 novembre 1994, qui régit la création et le fonctionnement de la PNH.

Selon lui, un paradoxe persiste : « On invoque cette référence légale dans les correspondances d’octroi de promotions, alors même que les nominations sont faites en violation de ses principes ».

Outre la légalité, la question budgétaire reste préoccupante. Plusieurs policiers se retrouvent avec des grades « sur papier », non administrés ni rémunérés, ce qui contribue à creuser un écart entre l’avancement hiérarchique et la réalité salariale. Certains, déjà au deuxième niveau des cadres intermédiaires ou de commandement, perçoivent encore des traitements réservés aux cadres d’exécution.

Pour Me ISAAC, ces pratiques et irrégularités révèlent l’ampleur d’un « trafic d’influence » et d’un népotisme croissant au sein de la PNH, qui minent l’autorité de l’institution et fragilisent son fonctionnement.

Malgré ces dérives, la création de la commission est perçue comme un signe positif : un « sursaut de conscience » face aux dérives normalisées. Toutefois, l’avocat insiste sur la nécessité d’un suivi transparent :

« Il serait important de publier la liste nominative des membres de la commission et de rendre publics des rapports périodiques sur ses opérations », recommande-t-il.



La Rédaction

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